Éditos

Dis-moi ce qui te trouble

8 juillet 2025
Ça a peut-être commencé par un coup de chaud comme il en survient souvent sur les sièges en polypropylène d’un théâtre avignonnais. Mais l’air méridional n’y est pour rien, cette fois-ci : si une petite fièvre vous gagne, c’est que vous êtes submergé par un vertige dont l’origine est à

Mendiants et orgueilleux

3 juillet 2024
« Mais il y a le peuple. Tu oublies le pauvre peuple ! Il ne rit pas, lui ! – Apprends-lui à rire, Taher Effendi. Voilà une noble cause. » Taher avait plus tard fait la paix avec ce monde risible et détestable. Il n’y voulait rien changer, il le prenait tel quel, avec

Une d’histoire d’A.

12 juillet 2022
Pas d’aile, pas d’oiseau, pas de vent, mais la nuit, rien que le battement d’une absence de bruit. Il n’y a pas d’ailleurs, où guérir d’ici. Eugène Guillevic Les lecteurs fidèles savent que, depuis nos premiers numéros en 2015, les mois de juillet étaient souvent propices aux désenchantements, aux énervements

Diététique

9 juillet 2022
Dressons la table. Au théâtre contemporain trop souvent cannibale, dit-on, complaisamment saturé en acides gras autoréférentiels, il faudrait substituer un théâtre de la juste dévoration, c’est-à-dire de juste milieu entre tendresse et cruauté. Parenthèse cinématographique : certains ont admis que le travelling est aussi une affaire de morale : on

Ceux qui restent

29 juin 2020
Nous voilà ahuris sur le toit, comme dans la série « The Leftovers », mi sages, mi fous, en train de nous demander quoi faire puisque la fin du monde n’a pas eu lieu. On se souvient de cette série inclassable terminée après trois saisons d’une haute tenue symbolique en

Sacres du printemps

3 mars 2020
Jorge Luis Borges aimait raconter l’histoire de ce fermier taoïste qui acquiert une outre contenant un breuvage d’immortalité. Après qu’il l’a malencontreusement renversée sur le sol de sa basse-cour, ce sont ses poules qui boivent le liquide ; elles sont mues par une telle force de vie qu’elles finissent par

Pèlerinage laïc

6 février 2020
« L’art se réfugie dans une expérience qui n’est plus celle d’objets entourés d’une aura, mais d’une aura qui ne se rattache à rien ou quasiment rien. Cette aura, cette auréole, ce parfum, ce gaz, comme on voudra l’appeler dit à travers la mode l’identité de l’époque » (Yves Michaud,

Le souvenir d’un ours dans sa bouche

22 janvier 2020
L’intérêt principal du dernier ouvrage de Nastassja Martin « Croire aux fauves » réside dans sa faculté de nous faire sentir intimement, l’air de rien, l’idée encore neuve de la porosité des entités vivantes. En choisissant la forme du roman autobiographique, l’auteur s’affranchit des codes un peu stéréotypés des ouvrages ouvertement anthropologiques

L’élégance de la pintade

2 décembre 2019
« On ne peut pas vivre dans un monde où l’on croit que l’élégance exquise du plumage de la pintade est inutile. » Jean Giono dans son « Roi sans divertissement » sonde avec une acuité terrienne l’essence même de l’art. On pourrait en effet souscrire pleinement à cette distinction gratuite et choisir de

Vigie de l’admirable

4 novembre 2019
Ils sont importants, les mots nouveaux ; ils affinent une pensée, la complexifient, lui ouvrent aussi parfois des paysages entiers à défricher. Dans son dernier ouvrage, « Curriculum », récemment paru chez Verdier, Paul Audi nous invite à saisir jouissivement la création grâce notamment à son concept-valise d’esth/éthique. Employant allègrement les mots de

A l’affût d’une bonne journée

30 septembre 2019
Car il s’agit avant tout de réenchanter le vivant, et l’épreuve d’une initiation archaïque reste une des voies d’accès efficaces pour sentir pulser à nouveau nos principes vitaux. Dans le court texte « Un seul ours debout », le philosophe Baptiste Morizot décrit sa rencontre avec ces majestueux mammifères près de Yellowstone

Pas à pas

18 juillet 2019
« La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles. » (Flaubert) Pas de fleurs, pas de couronnes, pas de remords, pas d’amertume, pas d’oubli ni de mauvais vin, pas de paroles dilapidées au nom du bruit,

D’île et de mémoire 

10 juillet 2019
Merci au poète Claude Louis-Combet de nous prêter son titre et ses mots, car il nous semble, en ce début de festival, être les habitants naufragés d’une île au cœur des remparts, bulle théâtrale sans temps, ni transport fiévreux, ni même quelque douce attache qui nous permettrait à défaut de
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I/O n°117

IO n°117

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