Conversation sur le rivage du monde

Conversation sur le rivage du monde
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Un bar vide à New York, un jour de pluie… : le décor est planté. Une conversation laborieuse s’installe entre le serveur et une femme perdue, venue s’abriter dans le bar. On devine mal encore où l’on veut nous emmener. A travers leur chassé-croisé de bouts d’histoires et petits mensonges, on glisse petit à petit vers le sujet de fond qui les rapproche : l’immigration clandestine. Au cours de cette rencontre impromptue où se mêlent douceur et méfiance, les deux personnages découvrent qu’ils viennent du même pays. Mais ils ne gardent pas du tout la même impression de leur entrée au “pays des rêves”. Durant cet échange de regards sur cette soi-disant terre d’accueil où ils doivent s’effacer, et sur leur pays d’origine, chacun nous emporte dans son histoire trempée d’amertume et d’espoir. C’est une ouverture sur le monde, ses rivages et dérives, que nous livrent ce texte de Michel Beretti (mis en scène de façon simple et efficace par Amandine Sagnes) ainsi que les deux comédiens venus tout droit de Bamako, Mama Koné et Koami Vignon. Si l’on frôle le tableau naïf et caricatural au début, on se laisse vite surprendre par l’humour des références grinçantes, et les répliques décalées du serveur, Abdulai, personnage enjoué et positif qui colle à la peau du comédien. Une belle rencontre qu’offre ce tout premier festival des arts de la rue à Bagnères de Bigorre, et certainement le début de l’épopée pour cette compagnie “Côté Cour”, que l’on pourra retrouver notamment en novembre à Toulouse.

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