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Le bureau d’Arthur Chavaudret gravite quelque part entre Kafka et Marcel Aymé. L’artiste y tente (la manipulation est affectionnée en ce moment par la magie nouvelle) de dérégler à vue notre perception du temps. Jusqu’à ce que la chambre optique en moquette verte que nous observons semble flotter entre une galaxie quantique de mondes possibles. Des mondes peuplés de malingres moustachus qui tamponnent des dossiers rouges et des sucres sauteurs. La tentative n’est pas dénuée d’un certain charme désuet mais la dérive est trop longue à se produire pour qu’un vrai vertige advienne, dans les cinquante minutes (à peine) que dure le spectacle. Visiblement, la conjugaison entre miracle et théâtre tentée par la magie nouvelle est rarement concluante. En voulant renoncer à la logique spectaculaire de l’effet, la magie semble ici bien terne, de surcroît parce qu’elle est soutenue par une dramaturgie statique et rebattue : la mise en scène (plutôt poétique cette fois) de l’infernale bureaucratie. 

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