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Soutenu par une dramaturgie intelligente et opérante, « Seras-tu là » de Solal Bouloudnine s’impose comme un événement humoristique du théâtre public. Même si son costume est trop maculé pour figurer dans le paradis blanc de Michel, l’éternel jeune fan de Berger déploie une temporalité rétrospective où tous les souvenirs, même les plus rêveurs, gagnent une force présentielle. L’humour, dans sa répétition et ses clichés, apparaît chez Bouloudnine comme un outil de réactivation et de dérèglement salvateurs d’une mythobiographie inépuisable capable, comme le poème michaudien, de tenir le « temps en lanières » et de contrer ses prophéties funestes (le dernier tennis de Michel, en l’occurrence). Certes, la chambre plus très blanche de Solal, avec ses peluches opérées, sa maladie du décalcomanie et ses phoques d’apparat constitue une scénographie très illustrative dans laquelle les blagues faciles ont parfois la quenotte dure. Mais la bonne dose de « drôle et touchant » promise par tous les journaux est bien là, car la fragilité et la virtuosité de l’interprète se conjuguent chaque soir et que le théâtre, ce fameux art du « pas comme avant », transcende sans cesse chez Solal Bouloudnine l’efficacité humoristique.

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