Le dernier qui s'en va laisse la lumière (allumée)

Le dernier qui s’en va laisse la lumière (allumée)

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D’abord il y a des mots, des obsessions partagées par les quatre danseuses derrière leur micro comme pour créer une connivence avec ceux qui les regardent, comme pour déjà signifier qu’il ne s’agit pas là d’une performance de danse stricto sensu. Fabienne Berger, chorégraphe du patrimoine helvète, travaille dans un espace aux conventions scéniques très marquées – sol que le blanc délimite créant un espace de non-jeu à vue tout autour ; un ring sans besoin de cordons pour le cintrer – en laissant à la tension des sons et des lumières une place prépondérante. Qu’en est-il des corps dans cette étrange Babel ? Irrémédiablement seuls, ils se débattent par des litanies de gestes tentant d’y trouver du sens ou peut-être simplement une main à serrer. Ne se souciant pas des codes du contemporain, les danseuses exposent leurs névroses, stigmates d’un monde qui, selon les travaux de l’anthropologue Paul Jorion, dont le titre du spectacle est inspiré, a lancé le processus de deuil de sa propre espèce. Plus laboratoire hors du temps que performance, c’est un objet chorégraphique expérimental sous-tendu par la nécessaire transmission d’un esprit du mouvement qui anime désormais les lignes de la chorégraphe.

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