Tristes néons

Moving in Concert
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On l’avait connue érotique, sexuelle, organique. Avec « Moving in Concert », Mette Ingvartsen s’éloigne de la chair au profit du concept. Avant même le début de la représentation, elle se sent obligée d’envoyer ses danseurs en justaucorps fluo dans la file d’attente des spectateurs pour tenter d’éclairer, par autant de minirécits que d’interprètes, son projet techno-métaphysique. Mais du travail sur la plasticité et sur la dialectique du corps versus la connectivité, on ne retiendra qu’une ronde de derviches kitsch et sous algorithme, dépossédée de tout accès au mystère. La répétition, au lieu de se constituer en outil de défragmentation du réel qui permette de convoquer une autre dimension de l’espace-temps, épuise le regard et fait échouer toute synesthésie transfiguratrice – malgré cette « musicalité presque visuelle » que semble vouloir proposer la chorégraphe danoise. Reste le somptueux travail sonore de Peter Lenaerts.

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