Ma Colombine

Porras la Lune

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Déposé au lointain, un arbre esquisse cette naissance du clown à laquelle « le monde n’est jamais prêt », selon Omar Porras, lui qui compare souvent l’ancrage du masque à celui du végétal, de ses racines inflexibles à ses hauteurs impalpables. Dans cette mythobiographie écrite par Fabrice Melquiot, le fondateur du Teatro Malandro s’adonne à toutes les pratiques populaires du corps, dans lesquelles il est passé maître. De la pantomime à la commedia dell’arte, entre la candeur pierrotique et la malice du Pinocchio visité par une bonne fée lunaire, il propose une délicieuse retraversée, dans une théâtralité déréalisante peuplée de lunes phosphorescentes qui rend justice à sa poéticité vitale. Si la métaphore du « télescope » que fait entendre Melquiot, sondeur optique de l’être humain, trahit les artifices faciles de cette lorgnette naïve posée sur le parcours du joyeux combattant, elle n’efface pas la franche sincérité d’un spectacle bâti sur cet adage poétique de fortune : « Les noms dans les poches, et les yeux au ciel. »

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