(c) Carolina Farina

Dans une volonté, il semblerait, ironique, Salvo Lombardo réécrit un ballet de 1881 à la gloire de la bourgeoisie italienne de l’époque et se demande ce qu’il reste de l’Europe une fois défaite de ses colonies et de sa prétendue supériorité culturelle. Malgré un postulat de départ prometteur, “Excelsior” s’enlise très vite dans une sorte de private joke réservée aux initié·es du ballet originel qui, peut-être, profiteront du message que le spectacle cherche à faire passer. Le commun des mortels qui, lui, n’aura pas reconnu la reprise du quadrille d’origine perdue en plein milieu par dix interprètes choisi·es au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, se contentera d’attendre poliment que l’heure s’écoule, le regard morne. C’est hideux, mais le spectateur persévérant sera récompensé par un écran projetant des gros plans de Niki Minaj en plein twerk et par la nudité finale des interprètes, marronnier de la danse contemporaine quand elle n’a plus d’idée mais qu’il reste encore un peu de temps.

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