Anton Tchekhov

Que fait-on des vieux cons ?

9 février 2026
Fidèle cobaye, vaillant spéléologue, Nicolas Bouchaud et Jean-François Sivadier continuent de remettre à l’ouvrage les grands marronniers du répertoire théâtral et les héros masculins qui les galvanisent. Alceste, Dom Juan, Iago, Stockmann : autant de narcissiques énervés que leurs fêtes brechtiennes ont réussi à complexifier. Tentative bien plus vaine avec

La mouette aveugle

17 juillet 2024
C’est par un grand débarras que débute l’expérience actorielle de Chela de Ferrari sur « La Mouette » de Tchekhov. Souvenir d’un vieux théâtre matérialiste n’inquiétant jamais le regard, le mobilier bourgeois qui étrique au départ la scène est d’entrée remisé par la régisseuse. Et ce pour une raison ironiquement

Exfoliez votre jardin

12 juillet 2022
Tchekhov écrit « Le Moine noir » à l’heure où la poésie se meurt, dans un temps littéraire plein de vagabonds en peine, poètes dont le verbe en liberté se heurte au positivisme ambiant. Kirill Serebrennikov aurait pu faire de la folie de son protagoniste (Andreï Kovrine) l’emblème facile d’une liberté confisquée

De l’autre côté de l’image

19 avril 2022
Dernière « performance filmique » en date du collectif MxM, « La Mouette » poursuit son envol sur les chemins de la tournée, et virevolte dans un langage fécond entre cinéma et théâtre.  Captivante, la mythique pièce de Tchekhov, comme un condensé fragile des vicissitudes de la vie, exacerbée par

Adama Diop emporte la Cerisaie

6 juillet 2021
On attendait peut-être trop de cette « Cerisaie ». On a d’ailleurs attendu beaucoup avant de rentrer : une longue queue s’étirait devant la cour d’honneur du Palais des Papes, de jeunes gens vérifiaient les tests PCR et les pièces d’identité au milieu des cris d’intermittents contre la réforme de l’assurance-chômage. On attendait

Combats de terres et de chiens

26 avril 2019
Avec la compilation des deux meilleures « plaisanteries » de Tchekhov (« La Demande en mariage » et « L’Ours »), Jean-Louis Benoît s’immisce à nouveau entre la commedia italienne et la bande dessinée, fracassant à maintes reprises le décor breloquant qu’encadre la boîte à chaussures du Poche Montparnasse, intimisme

Tchekhov, l’éternel

16 mars 2018
« La Cerisaie » c’est le vieux monde qui disparaît, l’avènement dans la douleur d’un possible bouleversement de l’ordre des choses. La citation de Henri Calet : « ne me secouez pas je suis plein de larmes » pourrait tout à fait être la maxime de ce drame fin de siècle. Dans cette version

« Un démon m’étouffe à l’idée que ma vie est irrémédiablement perdue »

24 septembre 2017
« L’universalité et l’humanité de cette pièce sont bouleversantes, avec ses personnages pensés comme des solitudes qui doivent « faire » ensemble » affirme Julie Deliquet. C’est exactement ce que l’on ressent face à Vania, son ingénieuse mise en scène de la pièce de Tchekhov. Le dispositif bi-frontal met en effet le spectateur dans

Au bal des âmes perdues

23 septembre 2017
« La tristesse durera toujours » aurait dit Van Gogh en 1890. Ou Tchekhov, en 1899, avec l’écriture d’Oncle Vania. Autour de la table dressée par la désormais incontournable metteuse en scène Julie Deliquet sont convoquées une série d’âmes perdues typiquement tchekhoviennes. Un cortège de vies ratées, de désirs fulgurants,

Vania

6 octobre 2016
Sur scène comme sur une île, échouée entre deux volées de gradins, une grande table à manger couverte des reliefs d’un repas, restes de vies mal consommées et de rancœurs recuites. Serrée dans son corset bifrontal, la scène étouffe les personnages. Ouverte, elle ne leur offre aucun refuge et laisse

Je n’achète pas !

17 décembre 2015
Eh bien non, je ne « marche » pas ! Qu’on monte aujourd’hui « La Cerisaie » « en ne jouant pas la Russie d’il y a cent ans », pourquoi pas (et encore, quoique) ? Qu’on mise sur de jeunes acteurs, l’intention est louable (faudrait-il toutefois qu’ils soient bons !). Qu’on fasse un théâtre qui s’interroge sur l’illusion, qui abolisse

De l’utilité de l’inutile ?

17 décembre 2015
De « La Cerisaie », Vitez aurait dit : « Il faut jouer cette pièce comme un vaudeville. » Au théâtre de la Colline, les tg STAN, collectif belge aux créations toujours singulières (dont les récentes « Mademoiselle Else » ou « Onomatopées »), semblent avoir suivi ce conseil. Hélas, ce collectif, qui a pour habitude d’assumer totalement ses choix

I/O n°118

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