Tiède enfer

Les Damnés
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LES DAMNES - D' aprés Luchino VISCONTI, Nicola BADALUCCO et Enrico MEDIOLI - Mise en scène : Ivo VAN HOVE - Scénographie et lumière : Jan VERSWEYSELD -
Costumes : An d'HUYS - 
Vidéo : Tal YARDE- 
Musique et concept sonore:  Eric SLEICHIM -
Dramaturgie : Bart VAN DEN EYNDE - Avec la Troupe de la Comédie-Française : Sylvia BERGE - Éric GENOVESE - Denis PODALYDES - Alexandre PAVLOFF - Guillaume GALLIENNE - Elsa LEPOIVRE - Loïc CORBERY - Adeline D HERMY - Clément HERVIEU LEGER - Jennifer DECKER - Didier SANDRE - Christophe MONTENEZ - 
Et Basile ALAIMALAIS - Sébastien BAULAIN - Thomas GENDRONNEAU - Ghislain GRELLIER - Oscar LESAGE - tephen TORDO - Tom WOZNICZKA - 
Avec Bl!ndman [Sax] : Koen Maas, Roeland Vanhoorne, Piet Rebel, Raf Minten - Dans le cadre du 70ème Festival d'Avignon - Lieu : Cour d'Honneur du Palais des Papes - Ville : Avignon - Le 30 06 2016 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

(c) Christophe RAYNAUD DE LAGE

Un Néron pédophile fils d’un hybride de Lady Mcbeth et d’Agrippine, une famille digne de Festen, un Iago en uniforme SS, le tout sur fond d’installation à la tête de l’Allemagne du Reich qui devait durer mille ans : l’argument, l’époque, les personnages et le titre même laissaient espérer que ce « Crépuscule des dieux » – comme le désigne en toute simplicité Ivo van Hove –  vous prendrait à la gorge dès les premiers instants et vous recracherait, pantelant, deux heures plus tard. Las ! Ni Dante, ni Shakespeare, ni Wagner n’étaient présents dans la Cour d’honneur hier soir. Malgré une mise en scène léchée, une scénographie habile, un usage de la vidéo très cinématographique et de belles interprétations par la troupe du Français, cela ne prend pas complètement. Trop lisse, trop linéaire, trop répétitif. Le spectateur qui a vu ces mêmes murs se remplir des hallucinations infernales de Romeo Castellucci ou s’effondrer dans un fracas grandiose sous le poing de Simon McBurney, alléché par la réputation de van Hove, attendait sans doute trop, et la déception rend peut-être l’auteur de ces lignes, qu’un peu de démesure aurait séduit, trop sévère. L’implacable machine nazie est ici bien montrée, qui ne se satisfaisait que de l’obéissance aveugle. Konstantin von Essenbeck/Podalydès en fait les frais pendant la nuit des Longs Couteaux, que Himmler résuma ainsi : « Aligner au mur les camarades qui avaient fauté et les fusiller, chacun en frémissait, et, pourtant, chacun savait avec certitude qu’il le referait la prochaine fois qu’on lui ordonnerait. »

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