Marie Sorbier

Marie Sorbier

Fondatrice et rédactrice en chef de I/O.
Critique et journaliste sur France Culture.

Marie Sorbier

Sur la question de la banalité du mal

17 mars 2016
« Vous savez bien que ce n’est pas encore la fin ; les choses peuvent tout de même toujours être encore plus graves. Et même la fin, on devrait être en mesure de la surmonter (c’est-à-dire pas forcément d’y survivre). » Voici ce qu’écrit la visionnaire Hannah Arendt en 1946 à son ami Gershom Scholem et ses mots résonnent sur la scène

Pèlerinage laïc

6 février 2020
« L’art se réfugie dans une expérience qui n’est plus celle d’objets entourés d’une aura, mais d’une aura qui ne se rattache à rien ou quasiment rien. Cette aura, cette auréole, ce parfum, ce gaz, comme on voudra l’appeler dit à travers la mode l’identité de l’époque » (Yves Michaud,

Les travaux et les jours

3 février 2020
Le soleil n’est pas encore levé et, dans le noir préambulaire à l’aurore, guidés par le chant des premiers oiseaux, nous le pressentons : c’est jusqu’au retour de la nuit que nous allons accompagner les circonvolutions de ce danseur agreste à la fois ancré dans sa terre et pétri d’une

La ballade sauvage

2 février 2020
Approcher l’antre d’Augustin Rebetez c’est d’abord pénétrer une cosmogonie esthétique très marquée. Un monde âpre, où les images sorties de cauchemars ou de d’hallucinations sous substances se confrontent dans des installations mystérieuses. Dissonante sans cesser d’être organique, son œuvre interpelle alors même que l’harmonie intrinsèque s’impose comme une évidence aux

Vies et mort de la poétesse antonomase

30 janvier 2020
Ce n’est pas la première fois que le théâtre tente de s’emparer de la crise migratoire actuelle. Ce n’est pas la première fois que la Grèce devient un décor tout indiqué pour mêler les origines des tragédies. Mais alors que nous n’avions jamais trouvé tout à fait pertinentes les précédentes

Mélo-drame

27 janvier 2020
Tout commence comme chez Philippe Quesne avec l’apparition furtive d’une taupe musicienne et finit avec Christophe qui tente une dernière fois d’appeler son Aline. Pourtant, le texte éponyme de Ramuz, sédiment du spectacle, est loin d’être dans la blague et encore moins trempé dans la pop culture ; symphonie pastorale

How it feels to be free

24 janvier 2020
Pourquoi Nina Simone est devenue ces derniers temps une image dramaturgique plébiscitée ? De David Lescot à Anne Bouvier en passant par Jérôme Richer, les derniers mois ont vu une figure devenir un personnage comme si le théâtre s’était soudain choisi une chanteuse militante afro-américaine descendante des Cherokees comme porte-drapeau

Le souvenir d’un ours dans sa bouche

22 janvier 2020
L’intérêt principal du dernier ouvrage de Nastassja Martin « Croire aux fauves » réside dans sa faculté de nous faire sentir intimement, l’air de rien, l’idée encore neuve de la porosité des entités vivantes. En choisissant la forme du roman autobiographique, l’auteur s’affranchit des codes un peu stéréotypés des ouvrages ouvertement anthropologiques

Cris et chuchotements

16 janvier 2020
Du noir primordial, la horde fait advenir un feu. La flamme vacillante prend progressivement confiance et devient à la fois le point focal et la vergence du spectacle. Le modelé pictural des apparitions créé par la chorégraphe Nicole Seiler est à apprécier en corrélation intime avec le travail incroyablement précis

Rêve et réveil

19 décembre 2019
C’est sur la mélopée du « Plus beau tango du monde » que s’installe cette parenthèse, temps suspendu entre sommeil et période de veille. Dans un dispositif scénique à la fois esthétiquement réussi et dramaturgiquement efficace, le monstre et l’enfant se croisent, se toisent, se manquent, jouent des peurs de

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