À voix nue

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Selon l’essai de François Jullien, intimus désigne en latin ce qui est le plus intérieur, le plus retiré, le plus secret, et ce qui donc se dérobe aux autres. Mais il renvoie aussi à ce qui lie, à ce qui associe à l’autre. Il énonce en quelque sorte « deux sens rivaux ». L’intime invite en effet à repenser les rapports entre le « dedans » et le « dehors » parce que ce qu’il y a de plus intérieur à chacun peut être aussi ce qui peut le plus lier à l’autre. C’est donc à une invitation à rester attentifs au cheminement de l’intime – lui qui laisse tomber silencieusement la frontière entre l’autre et soi, lui qui fait basculer d’un dehors indifférent dans un dedans partagé et qui vit inépuisablement des « riens » du quotidien – que nous invite cet été ce festival littéraire unique en son genre. Dans les murs du théâtre de Namur, les livres et leurs auteurs dévoileront un pan de leur vérité par les voix des acteurs, récitants de choix au service des mots des autres. Chanceux sont ceux qui accueilleront la parole.

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